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Phalaenopsis : de la sortie de flacon à la floraison (culture avancée)

Dans cet article, nous détaillons notre culture pour le Phalaenopsis, de la sortie de flacon jusqu'à la floraison. Nous donnons également quelques explications détaillées sur les paramètres de culture idéaux pour ce genre d'orchidées.


Avant de commencer, nous tenons à préciser une nouvelle fois que cultiver de jeunes orchidées n'est pas forcément ce qu'il y a de plus simple pour les passionnés débutants.


Des conditions de culture spécifiques sont nécessaires si l'on souhaite voir grandir de si jeunes sujets. Nous allons décrire les nôtres dans cet article.


Si vous cherchez une fiche de culture simplifiée pour le Phalaenopsis, elle est disponible ici.


Gardez à l'esprit que les indications décrites ci-dessous sont basées sur des expériences personnelles et que chaque environnement étant différent, il vous faudra adapter celles-ci en fonction de vos paramètres de culture (lumière, température, ...).


Sortie de flacon et mise en pot


Lorsque les plantes sont sorties de flacon (voir l'article à ce sujet ici) et nettoyées, elles sont mises en pots de 6cm. Nous conseillons de toujours choisir le plus petit pot possible, en fonction des racines présentes.


Nous démarrons avec de la sphaigne pure ; un substrat idéal pour maintenir les jeunes orchidées hydratées.


Cette mousse naturelle a des propriétés antibactériennes ce qui, dans de bonnes conditions, permet d'éviter la pourriture tout en gardant une humidité suffisante pour que les jeunes plantes puissent évoluer.


La quantité de sphaigne par pot va dépendre des racines ; plus elles sont abondantes, plus le pot sera rempli avec de la sphaigne. Pour des petites plantules avec moins de racines, nous remplissons le pot jusqu'au 3/4 afin d'éviter tout excès d'humidité.


Lumière


La lumière est l'une des principales clés de réussites.


Dans son habitat naturel, le Phalaenopsis reçoit environ 12 heures de lumière par jour et ce, toute l'année.


Ces orchidées se trouvent généralement accrochées sur des arbres au feuillage persistant et sont ainsi plutôt ombrées. L'intensité de lumière est donc moyenne.


Si vous cultivez en Europe et sur le rebord d'une fenêtre, ces conditions ne seront donc pas remplies pendant toute une période de l'année (intensité trop minime en hiver et fréquence très petite avec moins de 12h de lumière par jour).


Avec une intensité trop faible et un nombre d'heures de lumière insuffisant, les plantes vont entrer dans une sorte de "repos forcé" et ne pourront que peu ou pas du tout évoluer jusqu'au retour des beaux jours. Cela ne pose pas vraiment de problème pour des plantes adultes mais peut devenir une difficulté pour les jeunes plants.


Si la lumière est trop faible et/ou insuffisante, les arrosages devront être diminués et l'engrais arrêté.


Températures


Les températures jouent également un rôle majeur dans la culture des orchidées et particulièrement pour les jeunes sujets.


Pour le genre Phalaenopsis, le climat est chaud avec des températures moyennes allant de 18°C (au minimum, la nuit) à 30°C (le jour) et ce, toute l'année.


En fonction de l'espèce, ces températures peuvent varier et des exceptions existent. Mais cette fourchette peut être retenue comme moyenne générale pour cette orchidée.


En culture (intérieure, sous LED ou en serre), il faut idéalement pouvoir reproduire au mieux ce climat, que ce soit en terme de températures minimum et maximum mais également avec un écart de quelques degrés entre le jour et la nuit.


Chez nous, les températures que nous donnons en hiver pour nos jeunes plantes sont de 19-20°C la nuit et 25-28°C le jour.


Ponctuellement, les températures peuvent descendre un peu plus la nuit, à condition qu'elles remontent assez en journée. La culture ne sera pas optimale si les températures stagnent à 18-20° C jour et nuit.


Comme pour la lumière, il s'agit d'un paramètre crucial. En effet, des températures trop basses pourraient non seulement ralentir la croissance à court terme mais surtout endommager les jeunes plantes sur le moyen et long terme. Comme pour la lumière, si les températures sont trop basses, l'arrosage doit être diminué et l'engrais arrêté.


Arrosages


L'arrosage est la partie la plus délicate et va dépendre des deux premiers paramètres (lumière et température).


Si une plante reçoit à la fois des températures adéquates et assez de lumière , elle va pousser sans jamais s'arrêter. Et une plante qui pousse consomme de l'eau (et des nutriments).


Par exemple, dans nos conditions (12 heures de lumière par jour et 20 à 28°C), un jeune Phalaenopsis cultivé en sphaigne dans un pot de 6cm met environ 5 à 6 jours avant que le dessus de la sphaigne soit sec.


Dans des conditions moins idéales, la plante ne consommerait pas assez rapidement l'eau ni l'engrais ce qui poserait rapidement problème.


Bien que d'une manière générale on conseille d'attendre que les racines du Phalaenopsis soit entièrement sèches avant d'arroser, ce n'est pas forcement le cas dans la culture de ces jeunes plantes.


La sphaigne n'a pas besoin de sécher complètement. Les petites orchidées ont peu de réserves et ne pourront pas vivre dans des conditions trop sèches.

Nous insistons ; si et seulement si les conditions sont adaptées, vous pouvez alors arroser vos jeunes orchidées dès que la sphaigne sur le dessus du pot est sèche.


Pour vérifier, utiliser simplement votre doigt ; la sensation doit être que le dessus du substrat est aussi sec que de la paille. Le pot est alors très léger. Si c'est encore un peu mou (humide), il ne faut pas encore arroser et vérifier à nouveau 24 ou 48h plus tard.

En fait, plus les températures seront élevées plus les arrosages devront être fréquents (si la lumière est suffisante, tout est lié). Il s'agit avant tout d'observation pour savoir quand arroser vos plantes.


Une bonne ventilation sera nécessaire dans ces conditions de culture.


Plus tard, lorsque les jeunes plants seront devenus adultes ou presque, les feuilles charnues serviront de petites réserves. Ainsi les Phalaenopsis pourront sécher complètement entre deux arrosages, sans risque.


Qualité de l'eau et engrais


La qualité de l'eau est importante. Même si plusieurs passionnés vous diront que l'eau du robinet fonctionne très bien pour leur culture, ce n'est pas vrai pour tout le monde. Il est bien sûr possible que selon votre région, l'eau de ville soit d'une bonne qualité et relativement adaptée pour les arrosages.


Cependant, notez que les dégâts ou carences n'arrivent parfois que plusieurs mois après de culture à l'eau courante.


Idéalement, on préfère de l'eau de pluie ou de l'eau osmosée. On peut également choisir de l'eau déminéralisée ou filtrée.


Pour aller plus loin encore, on peut contrôler son eau ainsi que les apports en engrais. Cela dit, ça se complique assez bien lorsqu'on rentre dans les détails ; il y a beaucoup à apprendre sur le sujet et ça ne sera que peu développé dans cet article.


Dans notre culture, nous utilisons de l'eau de pluie que nous ramenons à un pH de 5.8 à 6 qui semble être idéal pour que les plantes puissent absorber un maximum de nutriments.


Cette eau est stockée au minimum 24h à l'avance en intérieur afin qu'elle puisse être à température ambiante. Arroser avec une eau trop froide peut endommager vos plantes tropicales.

Nous ajoutons de l'engrais à cette eau et ce à chaque arrosage pour atteindre environ 600 us/cm (420 ppm). Cet apport en engrais n'est possible que si la lumière et les températures sont adaptées.


Ces données sont mesurables grâce à de petits appareils que vous pourrez trouver sur le net grâce aux mots clés suivant : "pH meter", "ppm meter", "Testeur d'eau", "TDS meter", ...


Si cela vous parait trop flou, ce n'est pas grave. Vous pouvez toujours vous référer aux doses conseillées par le fabriquant. Cela dit, contrôler la qualité de son eau est un véritable plus pour le développement de vos orchidées.


Certains problèmes en culture peuvent parfois être expliqués par une eau non adaptée (carences, racines détériorées, etc.).

Par exemple : un pH trop bas ou trop élevé ne permettra pas aux orchidées d'absorber les nutriments. L'engrais va s'accumuler et finira par endommager les racines ainsi que la plante.


L'hygrométrie de notre espace de culture est en moyenne entre 55 et 65%. Cela suffit au développement des plantes. Une hygrométrie plus élevée peut être bénéfique, attention cependant à avoir une ventilation suffisante. À l'inverse, un air trop sec peut être une difficulté dans la culture.


Notez que placer les plantes sur des billes d'argile humides n'apporte rien de réellement bénéfique. Cela n'augmente pas l'humidité ambiante et peut parfois présenter un risque si l'eau est puisée dans le pot par d'éventuelles racines qui sortent par le bas.


Évolutions et rempotages


Quelques semaines après avoir démarré la culture des bébés Phalaenopsis, des racines devraient apparaitre sur le rebord du pot (visibles uniquement grâce à un pot transparent).


Quelques mois plus tard, la plante devrait avoir déjà bien évoluée ; feuilles plus grandes et racines plus abondantes. Exemple ci-dessous avec une plante tout juste sortie de flacon à gauche et une plante sortie quelques mois plus tôt à droite.


Comme indiqué plus haut, la plante doit pousser sans s'arrêter. Si vous ne constatez pas d'évolution sur environ 2 mois de culture (nouvelles feuilles et racines), c'est que les conditions ne sont pas optimales.


Si les plantes n'évoluent pas rapidement mais semblent en santé (belles feuilles et racines actives), ce n'est pas bien grave. Elle manque de certaines choses (intensité ou durée en lumière, arrosages et engrais, ...). Dans ce cas, les détails présentés ci-dessus peuvent être utiles pour optimiser la culture afin d'accélérer la croissance.


Lorsque la jeune orchidée s'est déjà bien développée (environ 4-6 mois après la mise en pot, en moyenne), il est peut-être temps de la rempoter.


Quelques éléments qui peuvent aider à savoir quand rempoter :

  • Les racines sont abondantes et la plante manque de place dans le pot

  • Trop de racines poussent à l'extérieur du pot

  • Le pot sèche trop vite

  • Le substrat est détérioré

Quelques éléments auxquels il faut prêter attention avant un rempotage, d'une manière générale :

  • La plante est bien hydratée (les feuilles sont épaisses et dures)

  • La plante présente et/ou prépare de nouvelles racines

Si vos Phalaenopsis évoluent dans de bonnes conditions, ils peuvent être rempotés à n'importe quelle période de l'année puisqu'ils seront toujours assez actifs pour supporter aisément le changement de pot et de substrat.


Dans un environnement moins favorable, il est préférable d'attendre le printemps, lorsque la plante est active et présente de nouvelles racines.


La taille du pot que vous allez choisir lors du rempotage est importante. On fait souvent l'erreur de choisir un pot trop grand. Cela n'est pas utile, c'est même souvent risqué.


C'est en fonction du système racinaire que le pot doit être choisi et non pas de la taille de la plante (en tous cas, pour le Phalaenopsis).


On peut voir sur la photo ci-dessus que les deux Phalaenopsis présentés sont de tailles différentes (jusqu'à 3 fois plus grands). Ils sont cependant tous les deux dans des pots de 6cm. La plus grande plante évoluera encore plusieurs semaines, voir 2 à 3 mois dans son pot.


Lorsqu'on a le contenant adéquat, il reste à choisir le substrat dans lequel placer notre plante. C'est encore en fonction des racines que cela va se décider.

Si le plante n'a pas déjà commencé à faire des racines plus épaisses, nous restons en sphaigne. Si par contre les nouvelles racines sont plus grosses (environ 4-5mm comme sur la photo présentée ci-dessous), nous passons à de l'écorce de calibre moyen ou plus grossier qui peut être couplée avec 10-15% de sphaigne.



12 à 24 mois de culture plus tard, la plante est adulte. Celle présentée sur la photo suivante est cultivée par nos soins depuis son plus jeune âge ; elle a environ 2 ans. Elle est dans un pot de 10 cm avec un mélange d'écorces moyennes et de Séramis (qui est rétenteur, ça aurait pu être de la perlite ou un peu de sphaigne également).


La photo prise du dessus montre bien les différentes feuilles qui sont apparues au fur et à mesure du temps. Les plus anciennes sont toujours présentes après 2 ans et les nouvelles sont toujours un peu plus grandes ; signe que la plante évolue dans de bonnes conditions.


Le Phalaenopsis, en fonction de l'espèce ou de l'hybride, peut fleurir assez rapidement après la sortie de flacon. En moyenne, on parle de 18 mois de culture. C'est parfois moins, parfois plus.


C'est considéré comme rapide dans le monde des orchidées ; il faut compter environ 3 à 5 ans pour une première floraison d'un Paphiopedilum multi-fleurs ou d'un Cattleya. Parfois plus pour les Vanda.


Les conditions de culture et l'optimisation de celles-ci vont jouer un rôle important dans la rapidité de croissance et donc de floraison.



Résumé des choses importantes à retenir


Nous résumons les points les plus importants pour permettre une culture idéale du genre Phalaenopsis selon notre expérience :

  • Le substrat idéal pour démarrer le Phalaenopsis récemment sorti de flacon est la sphaigne qui permet de garder une bonne humidité autour des racines.

  • Cette orchidée a besoin de 12 heures de lumière par jour avec une intensité moyenne toute l'année

  • Elle doit être cultivée dans un climat chaud avec des températures allant, en moyenne, de 18 à 30°C toute l'année.

  • L'arrosage ainsi que les apports en engrais doivent idéalement être contrôlés pour permettre une bonne croissance :

  • Eau douce (pluie, osmosée, ...) et tempérée avec un pH de 5.8 à 6.0

  • Arrosage dès que la sphaigne du dessus sèche (dans les bonnes conditions de lumière et températures)

  • Apports en engrais réguliers

  • Un premier rempotage sera probablement utile après environ 6 mois ; choisissez un pot et un substrat adapté au système racinaire

  • Ne rempotez que si nécessaire, en fonction de l'évolution de la plante et du substrat

  • Vos jeunes plantes doivent évoluer et grandir ; vous devez constater l'apparition de nouvelles racines et de feuilles toujours plus grandes au fur et à mesures des semaines et des mois

Notre dernier conseil est le suivant : soyez patient(e) !

Cultiver des orchidées est synonyme de patience ; il faut non seulement du temps aux orchidées pour évoluer mais également à celui ou celle qui les cultives pour apprendre à observer et ainsi gagner en expérience.

C'est très gratifiant de partir de jeunes plantes mais c'est également une aventure riche pour en apprendre plus sur ces végétaux.


Prêt pour la culture de bébés Phalaenopsis ? La liste des flacons disponibles actuellement se trouve ici.

Bonne culture !

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